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Guide de plantation

Quel arbre fruitier planter dans la Loire et le Pilat ?

La bonne question n'est pas « quel arbre fruitier pousse dans la Loire » — presque tous poussent. C'est « lequel produit régulièrement chez moi, à mon altitude, sans que je l'arrose tous les étés ». Voici comment y répondre en trois décisions.

Première décision : votre altitude

C'est le critère qui élimine le plus de candidats, et celui que les catalogues nationaux ignorent. Entre Rive-de-Gier à 180 m et les crêts du Pilat à 1 000 m, il y a trois semaines d'écart de floraison et une catégorie entière d'arbres qui devient injouable.

  • En dessous de 500 m — vallée du Gier, Saint-Chamond, Rive-de-Gier : tout est possible, y compris l'abricotier et la cerise précoce, à condition d'éviter les fonds de vallon où l'air froid stagne.
  • Entre 500 et 700 m : pommier, poirier, prunier et cerisier sans problème. Abricotier seulement en exposition très abritée, et en acceptant de perdre la récolte une année sur trois.
  • Entre 700 et 900 m : pommier et prunier d'abord — ce sont les plus fiables. Poirier sur franc. Cerisier sur merisier. Oubliez l'abricotier et la pêche.
  • Au-dessus de 900 m : pommier de variété tardive et quetsche. Le reste est un pari.

Deuxième décision : la date de floraison

Le froid qui vous fait perdre une récolte n'est pas celui de janvier. Un pommier rustique encaisse −20 °C en dormance sans dommage. Le vrai danger, c'est une nuit claire de la mi-avril à −2 °C, quand la fleur est ouverte : une seule nuit, et l'année est perdue.

D'où une règle simple en altitude : privilégier les variétés à floraison mi-tardive à tardive. Court-pendu gris pour le pommier, Quetsche d'Alsace pour le prunier, Bergeron pour l'abricotier si vous y tenez. Ce sont des variétés anciennes, et ce n'est pas un hasard : elles ont été sélectionnées par des gens qui perdaient leur récolte quand elles fleurissaient trop tôt.

L'astuce qui vaut toutes les variétés

L'air froid est plus dense : la nuit, il coule le long des pentes et s'accumule dans les creux. Un arbre planté à mi-pente passe souvent des gelées d'avril que le même arbre, cinquante mètres plus bas dans le vallon, ne passe pas. Si vous avez le choix de l'emplacement, ne plantez jamais un fruitier au point bas de votre terrain.

Troisième décision : le porte-greffe

Nos sols sont issus de l'altération du schiste : sableux, filtrants, peu profonds, acides, et séchants en juillet. Un porte-greffe nanifiant, à racines superficielles, y est condamné à l'arrosage à vie. Un porte-greffe à enracinement profond va chercher l'eau tout seul.

  • Pommier : M111 si vous voulez un arbre régulier et de taille moyenne, Bittenfelder si vous plantez un pré-verger pour durer, M7 si vous tenez à cueillir sans échelle. Nous ne greffons pas sur MM106, trop sensible à la sécheresse et au phytophthora ici.
  • Poirier : franc de poirier, le seul documenté pour les sols acides. Le cognassier n'est jouable qu'en bas d'altitude avec arrosage.
  • Cerisier : merisier, en choisissant la parcelle — il lui faut au moins 60 cm de sol qui reste frais.
  • Prunier : Saint-Julien A en situation fraîche, myrobolan en dessous de 700 m.

Le détail de chacun, avec ses avantages et ses inconvénients, est sur notre page dédiée aux porte-greffes.

Les espèces, dans l'ordre de fiabilité

1. Le pommier — le plus sûr

C'est l'arbre du massif. Il aime le sol acide, il supporte l'altitude, il fleurit assez tard et il vit longtemps. Les reinettes et les pommes de garde y sont chez elles : le fruit se charge en sucre sans perdre son acidité, et il se conserve tout l'hiver en cave.

2. Le prunier — le plus rentable en effort

La quetsche fleurit tard, produit tous les ans, ne demande presque aucune taille et se transforme facilement. Si vous ne devez planter qu'un arbre et que vous n'y connaissez rien, plantez une quetsche.

3. Le poirier — excellent, mais patient

Sur franc, il faut sept à dix ans pour la première vraie récolte. En échange vous avez un arbre qui vivra un siècle. C'est un choix de patrimoine, pas un choix de rendement rapide.

4. Le cerisier — bon, mais choisissez la parcelle

Il réussit très bien ici à condition de ne pas se tromper de porte-greffe selon la profondeur de sol. Le seul vrai problème est la récolte : entre les oiseaux et les orages de juin qui font éclater les fruits, il faut un filet ou une situation ventée.

5. L'abricotier — le pari

Nous en vendons, et nous prévenons à chaque fois : il fleurit trop tôt pour le climat du Pilat. Même le Bergeron, le plus tardif, perd sa floraison certaines années. À réserver aux expositions les mieux abritées, en dessous de 600 m, et en acceptant l'irrégularité.

Et si vous ne savez pas votre altitude ?

Une carte IGN, l'application de votre téléphone ou une recherche sur le nom de votre commune suffisent. C'est l'information la plus utile que vous puissiez nous donner quand vous nous écrivez — plus utile que le nom de la variété que vous avez en tête.

Ce guide ne répond pas à votre cas ?

Passez à la pépinière avec une photo de votre terrain et son altitude approximative : c'est en dix minutes sur place qu'on règle ce qu'un échange de messages traîne pendant des semaines. Voir quand venir →

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